Placé en détention provisoire le 8 avril puis en détention préventive de 15 jours le 11 avril à la prison de Makala, Vital Kamerhe saisit jeudi 7 mai à la mi-journée le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU, selon les informations d’Africa Intelligence. Le Directeur de cabinet du Président de la République est aujourd’hui en prison sans titre: pas de mandat d’arrêt renouvelé, plus d’ordonnance de confirmation du Tribunal de paix ou du Tribunal de grande instance de Matete, la première ordonnance ayant expiré depuis le 26 avril dernier. Le bâtonnier Mbu ne Letang a usé entre autres de ces irrégularités pour obtenir la libération et l’évacuation vers Clinique Ngaliema de son client Samih Jammal, patron de la société Samibo codétenu du Directeur de cabinet du Président de la République.

Kamerhe dénonce aussi le fait qu’il n’est pas prouvé que sa détention est une
mesure nécessaire à la poursuite de l’enquête pour soupçons de détournements de fonds destinés au « programme des cent jours », du Président Félix Tshisekedi. Il assure aussi que ses conditions de détention ne sont pas conformes, à dix personnes dans une cellule prévue pour
deux, et ce alors qu’il a par ailleurs des problèmes pulmonaires. Avec une population carcérale évaluée à 9000 personnes, Makala, citée parmi les prisons à désengorger pour prévenir la propagation du Coronavirus, compte 280 pensionnaires atteints de la tuberculose.

Pour le défendre, Kamerhe a choisi l’ancien bâtonnier de Paris, Pierre-Olivier Sur -POS-, associé du cabinet d’avocats Fischer, Tandeau de Marsac, Sur & associés -FTMS. Ce dernier a déjà par deux fois saisi le groupe de travail onusien, une première fois à la suite de la condamnation à six ans de prison de l’ex-ministre sénégalais Karim Wade pour enrichissement illicite et détournement de fonds, peine qui avait été jugée arbitraire en 2015. En janvier dernier, la deuxième saisine de Pierre-Olivier Sur, pour dénoncer la détention depuis 2017 de l’ancien ministre gabonais Magloire Ngambia, avait également été
considérée comme arbitraire par le groupe de travail.