Peu à peu, depuis son accession à la magistrature suprême, le président de la République, Félix Tshisekedi prend le poil de la bête. Le fils de l’opposant farouche, feu Étienne Tshisekedi, y va prudemment. Toutes ses nominations sont stratégiques. Le récent remaniement au sein des Forces Armées de la République (FARDC) l’atteste à suffisance. Le sulfureux général John Numbi, sous sanctions internationales, a été mis sur le banc de touche. Il est remplacé à l’inspection générale par Amisi Kumba, dit Tango Four, secondé par Akili Mundos, tous deux aussi sous sanctions internationales. A cela s’ajoute la démission stratégique du juge président de la Cour constitutionnelle, Benoît Lwamba. Félix Tshisekedi a maintenu également le chef États-major des FARDC, le général Célestin Mbala.

Tshisekedi et Kabila, la tension est bien réelle

Le chef de l’Etat Félix Tshisekedi est poussé dans le dos par les chancelleries occidentales et en particulier les Etats-Unis pour isoler son prédécesseur, Joseph Kabila. Cela crée une tension entre les deux personnalités, anciennes adversaires devenues par la force des choses alliées. Pour Kabila, Tshisekedi joue double jeu, surtout concernant le dossier de Ronsard Malonda pour succéder à Corneille Nangaa à la tête de l’organe électoral.

A ce sujet, l’ancien président Kabila a convoqué samedi 18 juillet dans sa ferme privée de Kingakati pour le point sur la situation de la Ceni dont l’audit est réclamé. Selon des sources proches, Corneille Nangaa aurait rassuré Kabila. Mais ce dernier n’en démord pas. Il n’entend pas céder sur le nom de Ronsard Malonda. Une vraie « ligne rouge », selon le terme qu’il utilise à Kingakati pour évoquer le bras de fer dans ce dossier avec son successeur. D’après La Libre.be, un média belge, le choix de Ronsard Malonda était bel et bien fruit d’un consensus entre les deux autorités de la coalition au pouvoir. “Félix Tshisekedi était d’accord”, assure Joseph Kabila. Avec Nangaa, ils ont aussi échangé sur d’autres questions sensibles dont la démission de Benoît Lwamba.

Les katangais traîtres envers Kabila

Joseph Kabila traverse décidément des moments très difficiles. Avec la dégradation de John Numbi, précédée de la démission du juge président de la Cour constitutionnelle, Benoît Lwamba, Joseph Kabila lâche petit à petit. Il est aussi très remontré contre le président de la Cour constitutionnelle qui a démissionné sans l’avertir. Il a redit à Nangaa sa colère contre ce juge d’origine katangaise qui a « jeté l’éponge après avoir été un peu bousculé » par le nouveau pouvoir en place, explique un cadre du FCC qui ne cache pas que Kabila est très fâché sur tous les Katangais et qu’il n’hésite pas à dire qu’il n’a plus confiance en eux. ” Tous les Katangais sont des traites “, a-t-il asséné. Et de demander à Nangaa: ” Tu ne seras pas comme lui ? “. Leur entretien a duré plus de 3 heures.

Félix ILUNGA